ELSA ZYLBERSTEIN

France

Actrice

Fille d’un physicien, Elsa Zylberstein pratique dès l’enfance la danse classique. L’adolescente timide se tourne vers la comédie en intégrant après le bac la classe libre du cours Florent, avec pour professeur Francis Huster. Apparue à l’écran dès 1989 dans Baptême, elle se fait remarquer grâce au Van Gogh de Pialat. Engagée comme figurante, elle décroche finalement le rôle de Cathy, la prostituée en robe rouge, après le renvoi de la comédienne initialement choisie. Cette prestation lui vaut le Prix Michel-Simon en 1992, ainsi que la première de ses trois nominations au César du Meilleur espoir. Etudiante espiègle dans Beau fixe, Elsa Zylberstein, lauréate du Prix Romy-Scheider en 1993, inspire les jeunes réalisatrices comme Pascale Bailly, Diane Bertrand (Un samedi sur la Terre) et surtout Martine Dugowson, dont elle devient l’actrice-fétiche. La cinéaste lui offre le rôle principal, aux côtés de Romane Bohringer, de Mina Tannenbaum, chronique d’une amitié qui obtient un joli succès public en 1994. La comédienne au tempérament passionné affiche bientôt une prédilection pour les films d’époque, de Farinelli à Monsieur N. en passant par Jefferson à Paris. Celle qu’on avait découverte dans les bras du peintre d’Auvers-sur-Oise incarne Suzanne Valadon dans Lautrec, puis la maîtresse deModigliani. Dévoilant sa fantaisie dans Tenue correcte exigée (1997), Elsa Zylberstein s’éprend d’un clarinettiste homo dans L’Homme est une femme comme les autres, avec Antoine de Caunes alors son compagnon. Ce mélange de romantisme et de folie douce ne pouvait que séduire Raoul Ruiz, qui dirige l’actrice dans son proustien Temps retrouvé, mais aussi dans les farfelus Combat d’amour en songe et Ce jour-là (2003). Faisant preuve d’un remarquable éclectisme, elle passe d’un film d’Akerman à une comédie avec Kad Merad (J’invente rien, 2006), d’une variation très personnelle autour d’un roman de Christine Angot (Pourquoi (pas) le Brésil de Laetitia Masson), à une superproduction inspirée d’un best-seller de Jean-Christophe Grangé (Le Concile de pierre).